L' Armée d' Afrique 1830-1962


 

Une Histoire ...

14 juin 1830 : L' Armée d' Afrique débarque sur la presqu'ile de Sidi Ferruch

octobre 1839 : expédition des Portes de Fer
2 février 1840 : siège de Mazagran

16 mai 1843 : Bataille de la Smala

14 aout 1844 : bataille d' Isly
25 novembre 1845 : Bataille de Sidi-Brahim

16 aout 1852 : libération d' Abd el Kader
mi-septembre 1854 : embarquement pour la Crimée
7 septembre 1855 : Prise de Malakoff
24 juin 1857 : bataille d' Icheriden

22 octobre 1942 : préparation de l'opération Torch
8 novembre 1942 : débarquement allié en Algérie

4 juin 1944 : prise de Rome par la 2e DIM
juillet 1944 : prise de Sienne
15 aout 1944 : débarquement en Provence


des chefs historiques ...

1798-1859
1784-1849
1794-1880
1802-1857
1806-1865
1832-1881

1867-1965
1879-1949
1887-1981
1888-1967
1889-1952

 

... des troupes

Les Tiraileurs (turcos)






Les Zouaves (chacals)



L' Infanterie Légère d' Afrique (Bila ou Batd' Af)

La Legion étrangere


Les Goumiers

Les Spahis


Les Chasseurs d'Afrique

Les Compagnies montées


Autres (train des équipages, francs_tireurs, groupes mobiles ... )

... et un Chant .

Les Africains


Lors de chaque réunion d’anciens combattants, il est de tradition d’entonner quelques chants traditionnels.
Il est rare qu’un des participants ne lance ‘’Le Chant des Africains’’ qui remporte toujours un franc succès. C’est avec allant et émotion que les Anciens d’Algérie, au garde–à-vous, reprennent en choeur cet air fameux.
C’est une façon de se souvenir de ceux qui sont tombés ‘’là-bas’’ et de leur rendre hommage.
Lors des commémorations officielles des guerres passées, les fanfares et les cliques interprètent régulièrement cet air de tradition, symbole du souvenir de l’éternelle Armée d’Afrique. Il accompagne très souvent notre Marseillaise.
Il n’est pas un ancien d’Algérie qui n’en connaisse au moins l’air, sinon les paroles du refrain. Les couplets en sont moins connus et l’origine de ce chant est obscure pour beaucoup.
Il est de coutume de penser que cet air date des années 43-44 car le Corps Expéditionnaire Français en Italie était composé presque exclusivement de soldats d’Afrique du Nord de toutes origines.
De fait, ce chant date de 1915.
La Grande Guerre se prolongeant, occasionnant des pertes effroyables, la France dût faire appel à tous ses enfants, y compris ceux d’Algérie, Maroc, Tunisie, d’Afrique Occidentale et Orientale Française et d’Outre-Mer.
Les paroles sont attribuées au Commandant REYJADE qui, en 1915, écrivit une marche destinée à ses Tirailleurs Marocains et dont le titre était « C’est nous les Africains qui arrivons de loin. ».
La musique est du Sous-Lieutenant Félix BOYER, Chef de la musique de la XIVe Division d’Infanterie.
En 1940, Félix BOYER, devenu Capitaine, est fait prisonnier mais, comme ancien combattant de la 1ère Guerre mondiale, il est rapidement libéré. Il est alors appelé pour organiser la musique régionale des Chantiers de Jeunesse en Afrique Française du Nord par le Général de la PORTE du THEIL, le fondateur des Chantiers de la Jeunesse Française.
Le Colonel Alphonse S. VAN HECKE crée le 7ème Régiment de Chasseurs d’Afrique à partir des Chantiers de Jeunesse. Le Régiment est incorporé aux réserves générales de la 1ère Armée Française et équipé de Tank-Destroyers (TD).
Le Capitaine BOYER reprend la version initiale du chant de 1915, destinée aux Marocains, pour l’adapter aux Africains.
‘’Les Africains‘’ devient le chant traditionnel des Chantiers de la Jeunesse Française d’Afrique du Nord. Il est chanté dans tous les Groupements, à Rabat, à Alger, à Constantine, à Tunis…
Le Capitaine BOYER, nommé Chef de musique de la garnison d’Alger, donne une nouvelle vigueur au chant des Africains qui devient le ‘’Chant de guerre des Africains’’.
L’Armée d’Afrique reconstituée adopte aussitôt ce chant martial et flamboyant.
Il sera interprété et joué dans toutes ses campagnes de Tunisie, de Corse, d’Italie, de France et d’Allemagne.
Les rutilantes noubas de nos Régiments d’Afrique ont fait retentir les accents des ‘’Africains’’ dans toute la France et dans une grande partie de l’Europe.
Voilà qui explique son immense popularité.

A propos du chant " C'est nous les Africains "

On a beaucoup écrit au sujet de ce chant que certains qualifient de chant de l'O.A.S. (sic) ; faut-il y voir l'ombre de l'excommunication, déjà encourue du fait de l'occupation allemande en 1941-1942 ou la manie des anti-France, de montrer du doigt tout ce qui leur paraît " politiquement incorrect "
Nous avons publié par deux fois, dans les n° 92 de décembre 2001, p. 119 et n°100, p. 112, de ''L'Algérianiste'', l'histoire de ce chant.
Mais il restait un point d'ombre : qui était le fameux commandant Reyjade. La légende, et non pas l'histoire, dit que le commandant (sic) Reyjade, des Tirailleurs marocains, écrivit en 1915, une marche destinée aux troupes marocaines, qui commençait ainsi : " C'est nous les Marocains qui arrivons de loin ". Une autre source attribue le texte au sergent Bondifala et au tirailleur Marizot, en 1915, sur la musique de l'Hymne de l'Infanterie de Marine. Il est deux points sur lesquels nous sommes d'accord : année de création (1915), et la musique de l'Hymne de l'Infanterie de Marine. Mais pour le reste, à propos de Reyjade, nous nous posons la question : est-il vraiment commandant ? Il est inconnu des contrôles militaires de l'époque. Bien entendu parce que, plus prosaïquement, les paroles sont de Jeanne Decruck, en 1915 (pseudonyme de Reyjade). Décédée en 1954, elle était aussi connue sous le nom de Jeanne Breilh, Breilh-Decruck, ou Fay-Béryl (sources Sacem). Mais question que nous posons : qui lui a demandé de composer ces paroles ou si cela est à son initiative personnelle, en quelle occasion ? En 1940, le capitaine Félix Boyer fut libéré par les Allemands en tant qu'ancien combattant de la Grande Guerre. Récupéré à Alger par le général de la Porte du Theil, placé à la disposition du commissaire régional des Chantiers de Jeunesse Française en Algérie, Alphonse S. Van Hecke, il reçut la charge d'organiser la Musique d'Afrique du Nord à Hussein-Dey. Le capitaine Félix, Frédéric, Marius Boyer reprit la Marche de Armée d'Afrique composée en 1915. Les " Marocains " devinrent les " Africains " et le chant de gloire des Chantiers de Jeunesse Française d'Afrique du Nord dans les groupements, les districts, les sections de l'ADAC (Association des Anciens des Chantiers), à Rabat, à Alger, à Constantine et à Tunis. Nommé chef de musique de la garnison d'Alger, le capitaine Félix Boyer rebaptisa officiellement cet hymne : " Chant de guerre des Africains " (nous évoquons ces souvenirs dans l'algérianiste n°92, p. 119). La Musique des Chantiers eut, à l'époque, une grande notoriété en Alger et région. La nouvelle Armée d'Afrique, avec l'intégration des Chantiers dans le 7e régiment de Chasseurs d'Afrique, adopta aussitôt ce " Chant de guerre des Africains " et l'emmena dans ses campagnes de Tunisie, de France et d'Allemagne. Le capitaine Félix Boyer, alias Grasso Boyer, est décédé en 1980 (sources Sacem). Lorsque Reyjade écrivit les paroles des " Africains ", seul un refrain (devenu) célèbre et trois couplets composaient ce chant. En 1943-1944, un quatrième couplet est venu s'intercaler entre le deuxième et troisième existant depuis l'origine. Ceci pour honorer les évadés par l'Espagne qui ont rejoint, au nombre de 25 000, l'armée d'Afrique. Ce chant jugé séditieux par l'occupant, fut interdit dès 1941 et il faudra attendre le débarquement américain du 8 novembre 1942 pour qu'il retentisse à nouveau sur la Route Moutonnière, au retour vers le Hamma. Nous, en mémoire des Dupont, Sanchez, Mohamed ou David d'Algérie tombés sur tant de chemins pour libérer la France, vibrons encore aux accents du " Chant des Africains " évocateur de souvenirs glorieux et douloureux. Ce texte n'aurait pu être écrit sans la participation active du président des Anciens du 7e régiment de Chasseurs d'Afrique, Alain Abdi et du capitaine Francis Josse de l'Amicale du 7e régiment de Chasseurs. Je remercie aussi Paul Rossignol pour sa communication à Lionel Faivre de " Un peu d'Histoire autour de ce Chant des Africains " et transmise par ce dernier à la chronique.

Théo Bruand d'Uzelle, 39500 Tavaux

Le Chant des Africains

Refrain :

C'est nous les Africains
Qui arrivons de loin,
Nous venons des colonies
Pour sauver la Patrie (pour défendre le pays)
Nous avons tout quitté
Parents gourbis, foyers
Et nous avons au cœur
Une invincible ardeur
Car nous voulons porter haut et fier
Le beau drapeau de notre France entière
Et si quelqu'un venait à y toucher, à y toucher,
Nous serions là pour mourir à ses pieds
Battez tambours, à nos amours,
Pour le Pays, pour la Patrie, mourir au loin
C'est nous les Africains !

I

Nous étions au fond de l'Afrique,
Gardiens jaloux de nos couleurs,
Quand sous un soleil magnifique
A retenti ce cri vainqueur :
" En avant ! En avant ! En avant ! "

II

Pour le salut de notre empire,
Nous combattons tous les vautours,
La faim, la mort nous font sourire
Quand nous luttons pour nos amours,
En avant ! En avant ! En avant !

III

De tous les horizons de France,
Groupés sur le sol africain,
Nous venons pour la délivrance
Qui par nous se fera demain.
En avant ! En avant ! En avant !

IV

Et lorsque finira la guerre,
Nous reviendrons dans nos gourbis,
Le cœur joyeux et l'âme fière
D'avoir libéré le Pays (d'avoir défendu la Patrie)
En criant, en chantant : en avant !

 


L'armée d' Afrique en affiche, cartes postales et carte souvenir


 

Photos diverses

 

Bilan des Guerres de la France

MOBILISATIONS CUMULÉES, comparées à la population :

GUERRES
MAGHRÉBINS
dont ALGÉRIENS
FRANÇAIS D'ALGÉRIE
FRANÇAIS MÉTROPOLITAINS
1870 - 1871
?
13.900 = 0,6%
26.100 = 17%
1,3 million = 3,4%
1914 - 1918
218.000
176.000 = 3,6%
73.000 = 13%
7,8 millions = 20%
1939 - 1940
180.000
123.000 = 2%
93.000  = 11 %
4,71 millions = 11 %
1943 - 1945
233.000
134.000 = 2%
120.000 = 14%
700.000 = 1,7%
1945 - 1954 Indochine
37.000
15.000 = 0,2 %
compris avec -->
50.000 = 1 %
1954 - 1962 Algérie
?
390.000 = 4,6%
compris avec -->
1,23 million =2,8%

PERTES COMPAREES (tués au combat) par rapport aux effectifs cumulés : 

GUERRES
MAGHRÉBINS
dont ALGÉRIENS
FRANÇAIS D'ALGÉRIE
FRANÇAIS MÉTROPOLITAINS
Algérie,Crimée,ltalie,Indochine, Mexique,Madagascar
?
3.125 de 1842 à 1898
?
?
1870 - 1871
?
5.000 ?
?
400.000 = 30 %
1914 - 1918
35.900 = 16%
26.150 = 15 %
12.000 = 16 %
1,3 million = 16 %
Maroc 1907 - 1935
2.520
1.500
   
1939 - 1940
5.400 = 3 %
2.600 = 2,1 %
2.700 = 3%
115.000 = 2,4 %
Levant 1919 - 1941
3.750
2.100
   
1943 - 1945
15.500 = 6,6 %
8.000 = 6 %
12.000 = 10%
40.000 = 6 %
Indochine 1945 - 1954
7 à 8.000 = 20%
3 à 4.000 = 20 %
compris avec -->
12.000 = 24 %
Algérie 1954 - 1962
?
4.600 = 1,1 %
+ 60 à 70.000 massacrés en 1962 = 16 %
compris avec -->
9.000 = 0,7 %
+ 1.200
légionnaires

NB : Il s’agit de chiffres cumulés et non pas d’estimations instantanées.

 

Les sources utilisées pour les évaluations sont les suivantes :
SHAT / documentation, pour le 19ème siècle et les campagnes d’outre-mer
SHAT (archives) : 7 T 134 ‑ 137, 7 T 250, I H 1 375 ‑ 1376 pour les effectifs de 1954 à 1962, 7 T 204, I H 1 402/1, I H 2 708/5 pour les pertes
L. MARIN. Rapport à la Chambre des Députés. N° 335 du 29/7/1924.
X. YACONO. Histoire de l’Algérie. L'Atlanthrope 1994. p. 189, pour les guerres de 1870, 1914 et 1962.
G. MEYNIER. L'Algérie révélée. Genève 1981, pour 1914 ‑ 18
J. FRÉMEAUX. Les armées françaises pendant la seconde guerre mondiale, colloque SHAT de 1985, p. 355
C.R. AGERON. Histoire de la France coloniale. A. Colin. 1990, p. 313, pour 1939 ‑ 40 et 1943 – 45.
(S.H.A.T. = Service Historique de l’Armée de Terre, devenu le S.H.D. = Service Historique de la Défense 94300 VINCENNES)
Les estimations des effectifs sont souvent contradictoires, par le fait que les Algériens sont généralement inclus dans l'ensemble des nord-africains.

Quant aux chiffres des pertes, ils additionnent souvent les tués au combat, les disparus, les morts de maladie et par accident, et les blessés non récupérables.Les chiffres des tableaux ci-dessus sont donc des approximations qui peuvent être contestées.

 

In ‘’Les combattants musulmans de la Guerre d’Algérie’’ (L’Harmattan, 1995) par le général Maurice Faivre.

 

Carnet de chants

La Légion


La Coloniale

Les Parachutistes

Armée d' Afrique

Autres ...

 

 



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