PARC NATIONAL
DE L'OUARSENIS

I
- Situation.
Le Parc national de l'Ouarsenis est situé dans le massif montagneux du même
nom. Ce massif forme la chaîne sud de l'Atlas tellien et se trouve dans la
région comprise entre la vallée du Chéliff au nord, celle de l'oued Fodda,
à l'est, le plateau du Sersou, au sud, et la vallée de l'Oued Lardjem, à l'ouest.
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II
- Géologie.
Les sommets du Parc national de l'Ouarsenis appartiennent au Lias moyen (charmoutien).
Ils forment des masses importantes de calcaires compacts, découpés en crêtes
aiguës et dentelées, présentant une série de pics et d'escarpements abrupts.
III
- Flore et faune.
La flore est celle des hautes régions méditerranéennes. En dehors des essences
principales, telles que le cèdre de l'Atlas, le pin d'Alep et le chêne vert,
on rencontre quelques thuyas, des genévriers et, dans les parties hautes et
rocheuses, des érables de Montpellier. En sous‑bois, on voit des lentisques,
des genêts, des cistes, des romarins, du diss, etc.


IV
- Allure des peuplements forestiers.
Les
peuplements forestiers comprennent, sur les versants ouest et sud du Pic de
Sidi Amar, le chêne vert à l'état pur; mais sur le versant nord, le chêne
vert est mêlé au cèdre, d'abord, puis au pin d’Alep et ces trois essences
forment sur les épaulements de la montagne des massifs mélangés d'un pittoresque
et d'une douceur d'aspect remarquables.

V
- Voies d'accès.
La voie normale d'accès au Parc national de l'Ouarsenis est le chemin de grande
communication d'Orléansville à Vialar qui passe par Bou‑Caïd, centre
minier très important (mines de zinc de la Société de la Vieille Montagne)
situé à 60 km. d'Orléansville.
A
Bou Caïd, un embranchement se détache de cette route et conduit par un chemin
de terre, mais carrossable, de 3 km. de longueur à la maison forestière d'Ain
Antar, au milieu des beaux peuplements mélangés dont nous avons parlé, c'est‑à‑dire
au cœur même du Parc.
Par
temps clair, le soir, au soleil couchant, la route, venant d'Orléansville
sur Bou‑Caïd, mérite d'être faite à petite allure, à partir d'Aïn el
Allou, afin de pouvoir admirer, à loisir, la masse imposante de l'Ouarsenis.
On y jouit d'une vue réellement splendide. La lumière, qui est intense, sans
être trop vive, illumine les crêtes qui se profilent les unes sur les autres
avec une netteté sans pareille. Les couleurs les plus variées se mélangent
sans se heurter et les ombres portées accentuent la profondeur des ravins,
donnant aux sommets un relief saisissant. Tout cela forme un tableau d'une
réelle grandeur et d'un charme impressionnant.
Mais
il est une autre voie d'accès que l'on pourrait appeler ‘’le chemin des écoliers
"; c'est la série de pistes muletières qui, partant du Rond‑Point
des Cèdres, dans le Parc du même nom, conduit à Aïn Antar, en passant par
les maisons forestières d'Aïn M'Zila et d'El Nouadeur et en traversant les
forêts des Beni‑Chaïb et des Mehabis. Ces deux forêts, constituées essentiellement
par des pins d'Alep, renferment aussi, par places, des chênes verts. Le chemin
forestier serpente au travers de ces peuplements, parfois très denses, parfois
clairiérés comme dans un Parc et la promenade est charmante.

VI
- Maisons forestières.
La
seule maison forestière située à l'intérieur du Parc de l'Ouarsenis est celle
d'Aïn Antar (1.170 m.) qui est remarquablement située et d'où l'on jouit d'une
vue très étendue vers le nord.
VI
- Sites intéressants.
Les excursions à entreprendre soit dans le Parc même, soit à ses abords immédiats, sont fort nombreuses. Il y a lieu de citer plus spécialement :
Le Pic de Sidi Amar
(1.985
mètres, point culminant du massif de l'Ouarsenis).
Son ascension ne présente aucune difficulté et peut même se faire sans fatigue,
si l'on utilise un mulet pour faire la plus grande partie de la montée. On
peut arriver ainsi jusqu'à environ 1.750 mètres. Il reste donc moins de 250
mètres à gravir à pied par un sentier raide et caillouteux, mais nullement
dangereux.
Le Pic Sidi Abd el Kader.
L'ascension
de ce pic qui a environ 1.750 mètres d'altitude et qui fait partie de la crête
dentelée, est réellement intéressante. On y rencontre quelques petites difficultés
qui en augmentent le charme. Pour arriver au sommet, il faut grimper en s'aidant
des pieds et des mains. Mais le roc est parfaitement solide et offre des prises
sûres.
Depuis ce temps,
le pic Sidi‑bel‑Abbès est devenu sacré pour les Arabes et ils
s'efforcent, par tous les moyens, de faire échouer les recherches de minerai
auxquelles se livre la Compagnie de la Vieille Montagne dans cette partie
de sa concession. Aussi se refusent-ils systématiquement à indiquer les points
où se trouve la calamine, bien qu'ils en connaissent l'existence.
Le
Hammam de Sidi Slimane
situé en dehors du Parc, au fond d'une gorge profonde et absolument
sauvage, au sud du massif.
La source d'eau chaude,
qui alimente les bains, est à 38° ou 39° Elle est, dit‑on, souveraine
contre les affections rhumatismales. Un établissement, très modeste, a été
construit pour permettre l'utilisation de cette source thermale qui est beaucoup
plus fréquentée par les Arabes que par les Européens.
Le
barrage de l'Oued Fodda
en construction,
est un travail gigantesque, qui a pour objet la retenue de plusieurs centaines
de millions de mètres cubes d'eau d'hiver pour les irrigations de la plaine
du Chéliff en été. D'après les plans approuvés par le Gouvernement général,
le barrage, solidement appuyé aux parois de la gorge, dans sa partie la plus
étroite, doit avoir 100 mètres de haut. Le bassin ainsi déterminé aura plusieurs
centaines d'hectares de superficie et formera un très beau lac, qui deviendra
une des curiosités de la région.
Galeries
de mines.
Tout
le Parc lui-même est à parcourir ; chaque point a son charme particulier et
nombreux sont les coins attrayants.

VIII
- Climat.
Le
climat est très tempéré en été et le séjour, dans le Parc, à cette saison,
est fort agréable. Il est tout indiqué pour les personnes fatiguées par le
dur climat de la vallée du Chélif, qui ont besoin de se refaire et de se remettre.
Si parfois, certaines journées sont chaudes, les nuits sont toujours fraîches.
En hiver, la neige
tombe généralement en abondance, pendant les mois de janvier, de février et
de mars. Elle persiste assez longtemps sur le versant nord et donne au paysage
un nouveau charme.
En avril et en mai,
les orages de grêle sont fréquents. On voit, en quelques heures, la température
s'abaisser jusqu'aux environs de 0°.

IX.
Conclusions.
En résumé, le Parc national de l'Ouarsenis constitue un site qui se recommande, aussi bien par son climat agréable et sain en été que par l'aspect grandiose et très particulier de la montagne.

La
crête de Sidi-Abd-el-Kader que l'on a comparée plus ou moins exactement à
une nef de cathédrale, s'étend sur une longueur de 5 kilomètres et se termine
par le dôme majestueux de Sidi Amar.

Le
Parc est accessible, même en plein hiver, aux automobiles. Enfin un service
public d'autobus conduit d'Orléansville à Bou Caïd et à Molière (Beni-Hindel).
Lorsque
la route, venant du Rond-Point (des Cèdres, Téniet El Haâd) aura été prolongée
jusqu'à Aïn Antar, l'Ouarsenis sera une étape particulièrement appréciée d'un
des plus beaux (sinon du plus beau) circuits montagneux de l'Algérie.


A CARQUEBUT, le30 août 2005. Jacques TORRES, d’après ‘’CENTENAIRE DE L’ALGERIE, PARCS NATIONAUX’’, Jules CARBONEL, Editeur, ALGER, imprimé le 15 octobre 1930, sur les presses de l’Imprimerie Astracolor, 63-65, rue de la Mairie, Vannes, pour le compte du Commissariat Général du Centenaire. Vignettes de Jacques SIMON.)