Le Billet

 

Journée du 5 décembre

Par décret du 26 septembre 2003, publié au Journal Officiel du 28 septembre 2003, le gouvernement de la France a institué un ‘’Jour National de mémoire et de recueillement pour les morts pour la France en Afrique du Nord de 1 952 à 1 962’’

Ce jour est le 5 décembre. C’est la date de l’inauguration, par le Président CHIRAC, en 2002, Quai BRANLY, à PARIS, du monument national au Morts de la Guerre d’Algérie en présence de délégations de tous les anciens combattants. Une commission, présidée par le Professeur Jean FAVIER, réunissant des représentants de toutes les associations d’Anciens Combattants d’Algérie, a longuement délibéré pour en arriver à proposer cette date neutre et œcuménique, sans aucune connotation partisane.

En effet, depuis plus de quarante ans, la discorde régnait au sein du monde combattant de la ‘’troisième génération du feu’’ et deux dates étaient commémorées séparément.

D’une part, le 16 octobre, date de l’inhumation à Notre Dame de Lorette, en 1977, en présence du Président Valéry GISCARD d’ESTAING, du soldat inconnu d’Algérie.

D’autre part, une association - contre quarante-cinq autres, signataires du ‘’Manifeste contre le 19 mars’’ - s’accroche au 19 mars, date de l’application des accords d’EVIAN, en 1962. Le principal argument de cette position est que le 19 mars est la date officielle de la fin de la guerre d’Algérie.

En contradiction avec tous les témoignages et les travaux des historiens, cette fédération persiste à ignorer les victimes d’après le 19 mars. M Joseph JEANNOT, Président de Saône et Loire de cette association va jusqu’à les accuser Je cite : « Si malheureusement, des hommes ont perdu la vie après le 19 mars, c’est parce qu’ils ont désobéi aux ordres
» !!! (article de la Gazette du Morvan, à AUTUN, du dimanche 23/03/03).

Cette fédération diffame les opposants au 19 mars. Je cite le communiqué du Bureau National du 16 février 2002 : « Le Bureau national condamne fermement l'attitude de quelques associations et celle de députés se réclamant encore du " gaullisme ", qui ont cru devoir faire chorus avec les thèses des nostalgiques de l'OAS, organisation subversive qui porte une grande part de responsabilité dans les troubles sanglants qui ont suivi le cessez-le-feu officiel du 19 mars 1962. »

Or, le 5 décembre est, de facto, une date officielle. Cette ‘’fédération’’ prétend que le 19 mars l’est aussi. Il faudra alors qu’on m’explique pourquoi la ‘’légalité républicaine’’ est respectée dans un cas et pas dans l’autre ?

(Il faut dire que la confusion alimentée par le Secrétaire d’état aux Anciens Combattants, le lendemain du Conseil des Ministres arrêtant la date du 5 décembre, amène de l’eau au moulin des contestataires. Lequel SEDAC déclare dans le Figaro du 18 septembre 2003 que les autorités officielles pourront choisir la date de commémoration à laquelle elles participeront…)

Mais le pragmatisme l’emportera : d’ores et déjà certaines sections réfractaires de l’association - comme celle du Nord - respectueuses des décisions officielles, n’ont pas suivi le mot d’ordre de boycott de leur bureau national. Elles déclarent qu’elles se joindront aux autres associations patriotiques le 5 décembre et qu’elles commémoreront le 19 mars comme date associative. C‘est précisément le but du choix de ce Jour National. Ce 5 décembre a été choisi comme date d’une nécessaire réconciliation nationale.

Nos morts, tous nos morts réunis : appelés, rappelés, militaires de carrière, harkis, supplétifs, victimes civiles : musulmans, chrétiens, juifs, athées, ou autres ont droit au respect et au repos.
Malvenus sont ceux qui s’opposent à cette noble intention.

Or, biaisant vicieusement les sondages, une association se détourne résolument de la légalité et affiche une détermination aveugle et revancharde en appelant d’abord au boycott du 5 décembre puis au maintien du 19 mars comme date officielle, au mépris des faits historiques patents et de la décision du gouvernement légal du pays.

Avec la complicité d’une certaine presse ignare et à l’affût du sensationnel, on manipule l’opinion publique en faisant mousser la représentativité de ces anciens d’Algérie. On y voit la réunion d’une douzaine de personnes donner lieu à des articles volumineux avec photos et titres ronflants…

Il est indécent que des ‘’anciens d’Algérie’’ commémorent en même temps que l’Algérie Indépendante sa ‘’victoire’’ du 19 mars, célébrée et marquée par un timbre-poste, imité par leur ‘’fédération nationale’’.

Il est flagrant que cette prise de position répond à une consigne politique qui n’a rien à voir avec des anciens combattants. C’est une manifestation d’opposition délibérée tant à la légalité du pouvoir légitimement élu par le peuple français qu’aux faits historiques avérés.

Utiliser la mort de nos camarades tombés au service de la France sur la terre d’Afrique pour appliquer des consignes de sabotage politique est particulièrement indigne.

Pour le CRI, Collectif des Rapatriés Internautes, le président Jacques TORRES.