Nos disparus ...

 

MONTENOTTE-TENES
décès, le samedi 12 juillet 2008, de Mme Vve LONJON Melchior, née Odette KANDEL

BOUGAINVILLE
décès, le 26 juin 2008 d'Yvette MALAVIEILLE, née HOEHN

CHARON
M. Paul MIRETTE, 83 ans, à ANTIBES, le 10 juillet 2007
Mme BONTRON Renée, née BOURGUES, le 19/08/03 à PERNES LES FONTAINES (84)
Mme SINTES Adrienne le 27/08/03 à ENTRAIGUES (84)

ORLEANSVILLE
décès, le 31 décembre 2006, de René ORFILA
Mme FERNANDEZ Bernadette, épouse de Jules
M GADEL Robert ‘’Bobby’’
M GRACIANO, fils de notre ancien secrétaire, Marc
Mme MARQUES née GRIMALDI Evelyne

Mme OUSSEDIK Yvonne, ancienne Institutrice à l’Ecole Maternelle
Mme RUIZ Alexandra, ancienne Directrice de l’Ecole Maternelle
M. ZVIADADZE Pierre
M. PONS Louis


CARNOT
Gérard RENIER, le 14 décembre 2006
Renée BESNIER, née DUREGNE, 85 ans
Claire ''Toutoune'' PRETEUR, née APPE, 85 ans
Léon GUIBERT, le 16 avril 2002
Alain GUIBERT ("La Préservatrice"), en mai 2002

ORLEANSVILLE
Marlène JOIGNEAUX née NEHEMIA décédée en 2009.

FROMENTIN
M BRUTINEL René,
M. TRICOU Luc

TENES
M PERRE Georges (gendre de M BORTOLOTTI)

 

In memoriam

Dr KAMOUN

La seconde guerre mondiale.
La France, écrasée sous la botte nazie, est occupée.
Le gouvernement de Vichy, à genoux, se plie aux exigences du vainqueur.
La dure loi du IIIe Reich s'impose non seulement en métropole mais dans tout l'Empire colonial français ainsi que dans les trois départements français d'Algérie.

A ORLEANSVILLE, le maire, le Docteur GRAL, passe pour un vichyste convaincu et il applique strictement les directives du gouvernement français asservi.
L'une de ces directives interdit aux Juifs l'exercice de certaines professions, sous peine de lourdes sanctions. Le Docteur Léon KAMOUN se voit donc interdire l'exercice de la médecine.
Il a cependant acquis une solide réputation dans sa pratique.
On lui reprocherait parfois d'avoir une forte personnalité et du caractère - certains diront qu'il a mauvais caractère - cependant, nul ne nie qu'il possède son art d'une manière exceptionnelle : ses diagnostics sont précis et parfaitement posés et tous ses confrères - c'est la pratique d'alors - sollicitent son avis lors de cas médicaux douteux ou délicats.
D'ailleurs, il est très difficile d'obtenir une consultation du Docteur KAMOUN, tant chaque jour la file d'attente est longue à son cabinet. Les malades arabes, fatalistes, s'accroupissent dans leurs beurnouss en interminables litanies, à même le trottoir carrelé de l'Avenue CARNOT. Monsieur HIDALGO, l'assistant-infirmier, blouse immaculée et grosses lunettes, est souvent obligé d'abandonner la chaise de bois sur laquelle il se juche à califourchon, calé contre le mur, pour se muer en agent des forces de l'ordre... aidé de KADER, son collègue.
Et leur praticien de patron a beau multiplier ses heures de présence, entre ses visites à domicile et ses interventions à l'hôpital d'ORLEANSVILLE, où il pratique certaines opérations chirurgicales, il s'éreinte à faire face : on le réclame partout comme un recours irremplaçable.
On le réclamait devrais-je dire car, en ces temps troublés, il ne peut plus exercer, sous peine de graves sanctions.

Dans une modeste famille orléansvilloise, les FERNANDEZ, Viviane, la cadette des deux filles est très souffrante depuis plusieurs jours et le Docteur GRAL, médecin de la famille, en dépit de nombreuses visites et de sa bonne volonté, ne parvient pas à poser un diagnostic précis et ses traitements sont inopérants.
Le Docteur GRAL est désemparé et impuissant devant ce mal irréductible.
La fièvre ronge l'enfant qui s'affaiblit dangereusement sans que la maladie soit identifiée.
Les parents, tout d'abord inquiets, s'affolent ensuite devant le spectacle de leur fille qui décline.
On en arrive même à lui administrer les derniers sacrements.

La mère sollicite alors une entrevue du maire qui la reçoit. Désespérant de voir son enfant se rétablir, elle lui demande d'autoriser le Docteur KAMOUN à venir examiner celle-ci.
Pour elle et sa famille, comme pour de nombreux orléansvillois, le Docteur KAMOUN représente l'ultime recours. Il faut sauver Viviane qu'on pense condamnée.
Le maire ne veut pas transgresser les lois françaises mais, sans doute touché par le désespoir et les arguments de Madame FERNANDEZ, tout en reconnaissant son impuissance à guérir Viviane, il promet de fermer les yeux et de suivre à la lettre les prescriptions de son confrère.
Toutefois, constant dans ses convictions et dans son rôle, il précise qu'il ne pourra rien faire pour défendre le Docteur KAMOUN si celui-ci était surpris à passer outre les lois de VICHY.
Le contrevenant s'expose à être arrêté et incarcéré en camp d'internement...
Le Docteur KAMOUN, mis au courant de la gravité du cas de Viviane, n'hésite pas.
Pourtant les risques sont sérieux car une simple dénonciation suffirait à l'envoyer pour longtemps derrière les fils de fer barbelés... Mais son serment d'HIPPOCRATE guide Léon KAMOUN.
Il se présente de nuit et en catimini chez les FERNANDEZ. Il examine longuement Viviane, sous le regard anxieux des parents éplorés. Quelques instants plus tard, sa conviction est établie.
Il prescrit alors une ordonnance que le père s'empresse d'aller chercher, malgré l'heure tardive, à la pharmacie RICHARD où il sait que l'apothicaire barbu est d'un grand dévouement.
Le traitement sera suivi pendant plusieurs jours et, au fur et à mesure, Viviane reprendra des couleurs et du poids. En quelques semaines, elle retrouve son dynamisme et sa joie de vivre, au grand soulagement de ses parents et à la satisfaction des Docteurs KAMOUN et GRAL.

Docteur Léon KAMOUN : un homme de bien qui, au mépris du réel danger qui le menaçait, a permis par son intervention téméraire la guérison de Viviane.
Je ne peux m'empêcher de penser qu'il n'est pas fortuit que la renommée du Docteur Léon KAMOUN ait été si grande dans notre région : c'est sans nul doute parce qu'il y a eu bien d'autres Viviane dans sa longue carrière qui vient de s'achever.

Léonce SALES

Léonce SALES s'est éteint le 20 Mars 2003, à ALBI.
Il était mon instituteur de Cours Moyen 1 en 1949 - 50, mais il ne s'était pas contenté de cette année scolaire pour garder avec moi et ses innombrables élèves des contacts que nous avons tous grandement appréciés.
Il prenait de mes nouvelles auprès de ma mère, puisque son épouse s'habillait là et il s'inquiétait de ma carrière de ''collègue''…
Je suis allé le voir à ALBI, pour le plaisir de sa conversation.
Toujours documenté, toujours calme et posé, son éternel béret fiché de côté sur sa tête vive et alerte, malgré ses quatre-vingts et quelques printemps.
Affable, jovial, amical et chaleureux. Il forçait le respect…
Il n'avait pas abandonné son habitude de fumeur et son mégot était souvent collé au coin de ses lèvres comme ''avant'', comme ''là-bas''…lorsqu'il descendait l'Avenue Carnot pour aller de l'Ecole LALLEMENT à son domicile, son cartable de cuir marron sous le bras…
Les galopins que nous étions craignaient son regard perspicace car, même si on le saluait de loin d'un peut-être trop appuyé et trop sonore : " Bonjour, M'sieu Sales ! ", surtout lorsque nous sonnions aux portes pour faire des farces, le lendemain, à l'école, nous avions droit à une leçon de morale qui, bien que ne s'adressant pas nominativement à nous, nous mettait dans nos petits souliers…
Il avait gardé le souvenir vivace de sa vie chez nous et il ne manquait pas, d'intervenir d'une plume assurée dans la revue ''L'Algérianiste'', en particulier pour fustiger le Ministre MITTERRAND refusant de visiter FLATTERS dont M SALES était originaire. sous prétexte que c'était un village de ''colonisation'' !
Il m'avait fait l'insigne confiance de me transmettre comme un relais sacré une partie de ses documents personnels pour que je les utilise afin de perpétuer la mémoire de notre passé et j'ai accepté avec fierté, émotion et gratitude l'honneur qu'il me faisait.
On peut trouver certains de ses articles sur le site Internet d'Orléansville.
Il m'avait écrit peu après pour me dire qu'il fallait que j'aille le voir afin qu'il me transmette ses archives. Je lui avais répondu avec enthousiasme mais il n'a jamais pu me répondre…
Sa santé atteinte par un drame récent, non plus que la mienne, défaillante un moment, ne nous ont permis de mener à bien ce projet commun…
C'est la gorge étreinte par l'émotion que je rédige cet hommage car M SALES représentait l'exemple même du Maître d'Ecole que nous idolâtrions et que nous avons été nombreux à vouloir imiter, sans jamais réussir à l'égaler...
Un ''cheikh'' parmi nos ''chioukhas'' !
Quand je disais : " Mon Instituteur ", c'était de Monsieur SALES que je parlais…
Adieu, Monsieur l'Instituteur, Instituteur avec un grand, un très grand I !!

Votre affectueux élève…


Alain MERLE n'est plus...

Alain MERLE, le légendaire gardien de buts du G.S.O. et président d'honneur de l'Amicale de la plaine du Chélif et du Dahra

s'est éteint le dimanche 14 décembre 2008 à MONTPELLIER. Il aurait eu 81 ans en février 2009...

Nous présentons à son épouse Suzanne, née CASTELLO, à ses enfants Alain, Joëlle et Patrick nos sincères condoléances

et nous les assurons de toute notre amitié douloureuse.

Nous leur souhaitons de trouver dans l'amour de leurs proches et dans l'affection de leurs nombreux amis

la force et le courage nécessaires à surmonter cette terrible épreuve.

R.I.P.

 


Remerciements

Suzanne MERLE, son épouse, ses enfants Alain, Joëlle, Patrick et leurs enfants, son frère Georges et les familles apparentées remercient tous les amis d'Orléansville ou d'ailleurs
pour les nombreuses marques de sympathie et de compassion qui leur ont été prodiguées à l'occasion de la disparition d'Alain.